Accueil Non classé Bonjour et bienvenue à tous

Bonjour et bienvenue à tous

6
2
486
received_814829805555059[1]

Salut à tous ,

comme vous le savez, mon prénom c’est MA VIE , je suis maman de deux enfants et j’habite la Normandie , je viens de  Bordeaux une belle ville qui m’a vu grandir, m’épanouir, et chuter un paquet de fois. Mais j’ai comme cette force en moi qui m’a toujours aidée à me relever.

Ma mère était un agent de l’OMS basé au Congo elle avait un bon travail et franchement on vivait aisément et merci Seigneur,  mes parents ont toujours sû me donner tout ce dont j’avais besoin : de l’Amour !  On vivait à au moins 10 km de notre école, nous y allions souvent à pied mais on ne se plaignait pas, au contraire on faisait de notre mieux pour accepter le changement dans nos vies .

J’ai grandis dans une grande maison  dans le quartier de Mounkodo dans une petite campagne à une demie heure du centre ville, la maison que ma mère avait bâtit était grande. 3 chambres à l’intérieur et une chambre à l’extérieur , celle de l’extérieur était occupée par mon oncle. Mes deux frères occupaient une chambre , ma mère avait la sienne et ma sœur Espérancia et ma cousine Reille partageaient la même chambre que moi. Tout était équilibré,  dans son ensemble , nous étions une famille ordinaire.

Ma maman Julie, divorcée de mon père, vivait sa vie, se préoccupait de nous ses enfants ainsi que de ses parents . Je n’ai jamais vraiment connu mon grand-père ni même ma grand-mère,  pas assez longtemps pour moi en tout cas.

Enfin c’était le bonheur ! Notre maison maison se situait au bord d’une grande avenue toute en terre . Il y avait beaucoup de sable ,  de champs en tout genre où poussaient du saka saka , de l’oseille…

Chez nous, il y avait un chien que l’aîné de ma mère, mon frère Michel, avait surnommé Tupac ! Va savoir pourquoi c’était notre chien à tous mais ce vieux clébard n’obéissait qu’à mon frère. Moi, j’avais un petit lapin que j’avais surnommé Triki. Avec sa femelle, ils nous ont fait 14 petits bébés qui ne survivront pas les uns après après autres .

Nous partions souvent moi et une bande de gamins dans les environs , pieds nus , sans se soucier si le sable était assez chaud ou pas pour nous brûler les pieds, on courait sous la pluie , même lorsqu’il pleuvait à torrent , on jouait au Lipato,  au nzango,  et à cache-cache .

Je me souviens encore comme un flash que mon frère et mon oncle nous ont fait peur la nuit ! mon Dieu ! C’était un quartier calme, le noir complet la nuit car les rues n’étaient pas éclairées,  le pays comme on dit chez nous au Congo bouala ke kaka bouala.

 

Jusqu’en 1997, nous étions des enfants heureux. On ne se souciait pas vraiment de ce qui allait nous arriver mais nous étions loin de nous imaginer que nous allions vivre la guerre  un matin de Juin 1997. Des obus tombant juste derrière notre maison , des tirs de kalachnikov…

Le matin même, je fus frappée par une image qui restera à jamais gravée dans ma mémoire : Des femmes et des hommes de tous âges ainsi que des enfants qui venaient du centre-ville et qui FUYAIENT !  Avec le peu qu’ils avaient sur leurs têtes et les enfants dans le dos en direction des collines . Nous avons rapidement fait nos bagages, il fallait partir aussi…

Ma maman a attendu tout de même quelques heures avant de se décider à partir . Une fois que nous avons appris que des pillages avaient commencés dans le quartier, nous sommes partis. Nous sommes allés chez ma Tante dans le centre-ville, avant de regagner un camps de réfugiés près de l’aéroport dans la nuit. La journée suivante , les événements s’enchaînent dans ma tête. Aujourd’hui j’ai du mal à m’en souvenir mais ce qui me revient je veux le partager avant que ma mémoire ne les oublie.

En route , en pleine nuit , fuyant vers ce camps  dans un 4×4,  j’avais la sensation , cachée à l’arrière, qu’on roulait tout le temps sur de grosses bosses ou de gros cailloux. Je ne le savais pas à ce moment précis , mais nous roulions sur des dizaines et des dizaines de cadavres.  Plus tard dans le camps, les mamans et les tontons nous interdisaient, nous les enfants, de jouer avec des chiens errants parce qu’ils leur arrivaient de manger les cadavres .

Comme je vous l’ai dit les événements s’enchaînent très vite. On entend que des personnes haut-placées dans le gouvernement ou qui avaient un lien quelconque avec la politique se faisaient assassiner. Cela devenait courant. Nous avions peur pour notre père qui lui ,était militaire engagé dans l’armée et haut-gradé.  A l’abri dans ce Camp pour les salariés de l’OMS,  nous y étions en sécurité jusqu’à la fin de la guerre en Octobre 1997 .

 

L’année qui a suivi a été le pire cauchemar de ma vie d’enfant : l’assassinat de mon père ! Ce fut un Choc émotionnel ! Je me suis toujours sentie proche de lui et vivre sa mort de si près a changé ma vision sur l’Homme et plus tard ma façon de les voir, de les aborder .

Tout mon Amour, autant que ma Haine, vient de ce moment très dur à raconter. Mais je vous le ferais lorsque je serai prête . Je peux vous dire que voir ses vêtements remplis de son sang, son uniforme qu’il portait le soir où on l’a abattu devant le commissariat comme un moins que Rien, restent à jamais une image gravée dans ma mémoire. On n’abat pas un père de famille comme ça pour le plaisir de tuer.

Après la guerre, la conviction de beaucoup d’hommes haut-placés , fut que mon père avait obtenu le grade de Commissaire et cela n’a pas plu à certains. Mais je ne fais pas ce journal pour incriminer ou montrer du doigt les meurtriers de mon père , j’ai surtout envie de vous faire connaitre mon passé. Ces événements de ma vie de petite fille qui ont fait de moi celle que je suis aujourd’hui.

 

Le jour de son enterrement nous étions nous les enfants DJOBEZA habillés de la même façon ; les filles avaient une robe fleurie, des chaussure noires et des chaussettes avec des petits frou-frous qui ressortaient. Les garçons avaient un pantalon noir  avec une chemise à manches courtes .

Pendant la levée du corps à la morgue, il y avait beaucoup de monde . Toute la délégation congolaise : ministres, chefs politiques, des grandes personnalités, qui sont venus lui dire au revoir. Et il y avait Nous, ses enfants juste la rangée de l’arrière. Les mamans derrière nous et tous les autres membres de la famille après .

Mon cœur était avec lui dans ce cercueil . il était beau, habillé en uniforme avec sa plaque et son arme de service. Ma sœur Gloria et moi étions effondrées à ce moment là. A tel point que nous avons fait tomber le cercueil .On nous a alors sorti de la foule .

Mon père a fait un dernier détour avant de rejoindre sa tombe,  ils ont emmené le corps chez lui.  Puis ils l’ont enterré pas loin de sa maison du centre-ville. On pouvait aller le voir quand on voulait mais je crois que je n’ai plus eu l’occasion d’y retourner. Un jour, c’est mon souhait le plus cher, j’y retournerai !

 

Quelques années plus tard , ma mère pris  la décision de nous faire quitter le pays mon frère et moi. A ce moment là, mon frère et moi étions loin de nous douter que notre vie allait changer pour TOUJOURS .

Le jour où j’ai quitté le Congo, je pensais que j’allais à l’école !!! c’était quelques temps après le décès de mon père (Tellement compliqué à partager) .Ma maman ne nous avait rien dit, sinon il aurait fallu  que je me prépare à dire au revoir à mes amis, ma famille , et ceux qui comptaient pour moi.

Dans le taxi ce matin là, je vis tous mes copains de classe sur la route de l’école et je compris que je ne les reverrai pas de si tôt car le taxi continuait sa route vers l’aéroport. Et tandis que nous roulions, le paysage défilait devant mes yeux , mon école , le quartier où je faisais la fête avec mes amies d’enfance , le terrain de basket où nous avions l’habitude de traîner après l’école, et les souvenirs s’enchaînent les uns après les autres. Je commençais déjà à ressentir le manque qui s’emparer en moi . Les larmes  commençaient à monter, mais hors de question de pleurer!  Ma Vie ! Me suis-je dit  ! tu dois être forte !

Arrivés à l’aéroport ,  ma Maman a enregistré nos bagages et nous a briefé sur la suite de notre destination.  On ne savait pas où on allait, on savait juste que l’on prenait l’avion, et que ma mère je la reverrai genre 3 ans plus tard…

Ma mère me dit :  Ma Vie, fais attention à toi , écoute ton frère ! d’un air tellement calme et inquiet à la fois.  Je n’ose imaginer ce que ma Maman a dû ressentir à ce moment là. Laisser partir ses enfants pour espérer qu’ils aient une vie meilleure et qu’ils s’en sortent parce que la vie au Congo était devenue tellement difficile après la mort de mon père. Ma mère avait perdu son travail et c’était devenu très compliqué. Enfin bref… La séparation fut donc terrible,  mais le moment du départ arriva vite et il fallu monter dans l’avion. Je voyais ma Maman à travers le hublot qui nous faisait des signes de la main. Mon cœur se serra et je pense qu’en partant j’ai dû laisser une partie de moi avec elle, comme une partie d’elle est partie avec moi .

Dans l’avion , on ne se pose pas trop de questions, on se dit juste que c’est une excursion jusqu’à notre prochaine destination .Après quelques heures de vols , on arrive à Abidjan en Côte d’ivoire. Une dame nous récupère à l’aéroport et nous emmène chez elle pour qu’on puisse se reposer. On avait un autre vol le lendemain matin et il fallait se lever tôt .

Elle nous emmena chez elle  dans une grande maison . Il y avait plein de gens que je ne connaissais pas donc forcément tu te caches derrière ton frère, tu parles très peu , tu n’es pas très sociable. Ta mère te manque et c’est tout ce qui compte. Ce soir là nous l’avons eue au téléphone, elle nous a expliqué qu’elle avait prévu une autre escale au Mali avant d’arriver au Maroc. Le Maroc serait donc l’endroit où j’allai  passer les prochaines années de ma vie. Mais peu importe ! A ce moment ,  ma roue de secours était  mon frère . Je me sentais en sécurité avec lui donc pas de panique.

Le séjour en Cote d’ivoire fut donc court. Le lendemain nous avons vite repris l’avion pour le Mali . Nous y avons fait une escale de quelques heures et nous avons atterri genre 2 jours plus tard à Casablanca, accueillis par mon Oncle Villa son Chardel un Homme qui va aussi faire partie de mon destin de ce que DIEU avait prévu pour moi .

Charger d'autres articles liés
Charger d'autres écrits par diaryofmylife
Charger d'autres écrits dans Non classé

6 Commentaires

  1. Queentwoboys

    27 mai 2019 à 8 h 36 min

    Très beau récit continue comme ça ma belle

    Répondre

    • diaryofmylife

      27 mai 2019 à 10 h 46 min

      c’est adorable ma belle , merci j’essaye

      Répondre

  2. ophelie_bambini

    27 mai 2019 à 22 h 01 min

    Ton recit est tellement dingue. Je m’imagine meme pas tout ce que tu as vecu avec tellement de force et de dignité. Tu m’impressionnes beaucoup. Merci de paratager ton histoire avec nous

    Répondre

  3. Chrysanthos

    28 mai 2019 à 13 h 03 min

    C’est un chemin difficile que tu entreprends mais c’est une décision juste et indispensable pour ton équilibre.
    Les années t’apportent la,distance nécessaire pour raconter….
    Je t’admire et t’encourage.
     » Les lendemains sont la pour améliorer les hiers…. »

    Répondre

  4. Jess

    29 mai 2019 à 2 h 10 min

    Que ton histoire est dure… Hâte de lire la suite .

    Répondre

  5. Imane

    30 mai 2019 à 14 h 38 min

    J’ai lu avec beaucoup d’attention et d’admiration ton histoire de vie. J’en connaissais déjà une partie qui m’avais déjà touché énormément à l’époque.
    Ma vie ton prénom est tellement beau, digne, puissant !
    Ton histoire ton parcours aussi dure qu’il soit fait de toi la belle personne que tu es aujourd’hui.
    Tu es une vraie source d’amour à l’image de tes enfants.
    Je te lirais toujours avec beaucoup de respect et d’amour.
    Gros bisous à vous
    Imane

    Répondre

Laisser un commentaire

Consulter aussi

l’adolescence le cauchemar de tous les parents vécu par mon oncle

Beaucoup de chemin parcouru depuis tous ces événements , depuis le départ, la séparation a…