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l’adolescence le cauchemar de tous les parents vécu par mon oncle

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Beaucoup de chemin parcouru depuis tous ces événements , depuis le départ, la séparation avec ma maman , ma soeur , mon petit copain et oui j’avais un amoureux que j’avais laissé étant gamine au pays (Rires) ça na pas duré longtemps, le temps de partir et puis plus rien !

Enfin j’en étais où ? ah oui, l’arrivée au Maroc où on a atterri à Rabat, puis mon oncle , mon frère et moi avons pris le train pour Casablanca c’était confus un peu dans ma tête. Je ne savais absolument pas du tout où j’étais, je ne comprenais vraiment rien ! nada comme on dit .

 

L’arrivée à Casablanca se fait en grande pompe , je n’avais jamais vu une ville aussi jolie enfin en dehors de Abidjan , j’avais l’impression que tout brillait la ville était resplendissante .

Nous avons pris un taxi rouge car à Casa la Belle, les taxis sont tous rouge et un taxi blanc peut prendre autant de personnes à l’unité , le rouge pourrait aussi mais seulement aux heures de pointe , en quittant la gare de Casa , mes yeux n’arrêtaient pas de contempler la ville, les lumières qui brillaient de partout , les gens habillés en djellaba , les mosquées, les femmes voilées, les bars  ouverts tard la nuit c’était juste waow pour une enfant qui n’avait jamais quitté son pays. J’en prenais plein les yeux mais je me disais aussi où ai-je atterris mon Dieu.

Mais le rêve s’arrêta aussi vite qu’il avait commencé, le taxi se gare devant une résidence qui s’appelle Ouled Ziane juste en face d’une gare routière. je descendis du taxi , et c’était une cité avec des bâtiments classés par ordre alphabétique. nous étions au bâtiment B au 4e étage sans ascenseur , haut les cœurs ! il  a fallu monter 4 étages avec les valises !  mais bon jusque là tout va bien .

Je commence à prendre conscience que j’étais loin , que ma mère n’était pas là, mon frère lui, à l’aise partout a réussi à s’attirer la sympathie de tonton Chardel (mon oncle) sa femme Camille(surnom ya nono ) et d’autres personnes qui avec lui  dans un appartement de 4 chambres avec un grand salon converti en chambre .

Dans cet appartement vivaient 7 congolais. Un couple : emilie et cédric, mon oncle et sa copine , une amie de mon oncle tania qui occupait une chambre à elle seule et deux garçons qui se sont partagés le salon transformé en grande chambre pour l’occasion . Mon frère et moi on dormait sur un matelas dans la chambre de mon oncle. Il avait la seule chambre de l’appartement qui avait un balcon. Chacun d’entre eux faisait ses courses et les stockait dans sa piaule. C’était un peu la loi de la jungle, mais comme les appartements coûtaient une petite fortune pour ces étudiants , 3500 dirhams le t4 ! Ils se partageaient les frais d’appartement , d’eau et d’électricité, et le reste comme le gaz c’était chaque semaine une chambre qui devait fournir une bouteille de gaz .

Moi ,  toujours perdue dans ce nouveau monde,  je ne savais pas trop comment réagir. Mon oncle voyait bien que la distance avait raison de moi. Je passais mes journées à bouder , à pleurer parce que je voulais ma mère et personne d’autres et que là , il fallait me faire une raison je ne la reverrais pas de si tôt !!!! je n’avais pas d’autres obligation que d’être forte. C’était comme çà . Mon frère,  lui , avait pris  ses marques ,  sortait avec mon oncle pour faire des courses , et tonton Chardel avait installé un petit nganda (bar clandestin) dans l’appartement et tous les étudiants confondus venaient picoler tous les weekends chez nous. On voyait du monde mais je boudais toujours. Je n’étais toujours pas contente , les jours passèrent , les mois, et mon attitude commença à changer seulement lorsque celui-ci me proposa de l’argent de poche soit 12 Dirhams par semaine en gros 1,20(euros). La première chose que j’ai faite, c’est d’aller m’acheter des bonbons à l’épicerie du quartier. C’était en en 2001 si mes souvenirs sont intacts. On fréquentait une église qui s’ appelait l’armée du salut ( au passage elle existe toujours ) celle qui a fait naître ma foi en Dieu et ma positivité en la vie .

Ma résidence (ouled ziane ) était remplie d’étudiants de toutes les nationalités confondues et une solidarité régnait comme jamais dans ces immeubles. J’ai commence mes crises d’adolescence en répondant à ma tata nono , en refusant de me tresser parce que je ne voulais pas que l’on touche à ma tête ! Je devais pourtant prendre soin de moi . La voisine de chambre emilie, en couple avec Cédric, un jour m’a dit: Ma Vie tu es une pré ado tu va devenir une femme, apprend à soigner ton corps, ton visage et tes habitudes. Cela m’a valu de changer radicalement. En gros, elle m’a fait comprendre qu’il fallait que je grandisse vite sinon j’allais me perdre. Mais je refusais toujours de l’écouter .

Un weekend arriva où ma tata voulait que je me tresse. J’ai refusé et mon frère a décidé de s’en mêler. S’en ai suivie une bagarre entre lui et moi. Honnêtement, il m’a fracassé ma bouche sans mentir ! Mais je lui en ai mis des bonnes aussi !!! A la fin, j’avais un œil au beurre noir ,et mon frère vous imaginez bien que je ne lui ai pas adressé la parole pendant un long moment.

Une fois ma mère au téléphone je pleurais, j’accusais le coup à chaque fois pour lui dire que j’étais malheureuse, que je voulais la voir, que je détestais par dessus tout être au Maroc ,et qu’il fallait qu’elle vienne ! Elle me répétait sans cesse :  Sois patiente ! Le moment venu je viendrai. Mais je trouvais le temps long et douloureux. Alors mon oncle pour me punir de mon sale caractère a mis mon matelas dans la pièce qui servait de salon. C’était chiant parce que je les voyais tous faire des allez retours aux toilettes, tirer la chasse… Mais comment tu veux dormir ? tu peux pas ! tu supportes ma Vie je me disais . j’essayais de m’attirer les bonnes grâces de mon oncle , donc j’ai arrêté d’être mal poli , je donnais un coup de main  lorsqu’il fallait , je rentrais dans leur conversation , gouttais à la bière et en retour on me laissait appeler ma mère (toujours en pleurs et ça ne changeait pas ) mais au moins je pouvais lui parler quand je voulais ! c’était déjà une victoire !

Le mois de mars arriva vite. La fête de l’eau  aussi ! Cela a lieu tous les ans et tout le monde se jette de l’eau, de la farine, enfin tout et n’importe quoi pour se mouiller. Après c’était génial ! J’ai bien rigolé, je jetai des sacs d’eau du balcon de mon oncle à tous les passants et ils le prenaient bien , en particulier les amis de mon oncle. Il était super connu tonton Chardel. Quelqu’un qui était toujours là pour ses amis. Enfin, le soir même de cet Evénement, nous étions assis dans la chambre de mon oncle avec ses colocataires qui buvaient en continu ( non mais de vrais soûlards les noirs ! je sais ce que je dit ) , ils restaient tous là jusqu ‘à 3h voir 4h du matin (rires) mon oncle fournissait et faisait payer l’alcool et il connaissait aussi des putes donc lorsque un de ses collègues voulait tirer un coup, il avait le numéro, il appelait et elle rappliquait .

Comment voulez vous ne pas grandir avec tout ça ???  je les ai vu bourrés , se taper des putes des va et viens dans l’appartement de notre oncle qui était le bar de tous les étudiants. Parce que boire dans un lieu public est interdit au Maroc. Alors lui a eu une idée de génie : un bar à domicile !  Je me suis fais draguer par ses amis, moi, javais aller ! 12 voir 13  ans ! alors se faire reluquer par un étudiant de 20 ans voir 25 beuuhhh l’horreur !!!! Mon petit ami du bled ? oublié à un moment donné !  J’ai arrêté d’écouter les poetic lovers en pensant à lui. Fallait se rendre à l’évidence, j’étais partie sans savoir si vraiment j’allais revenir alors pourquoi se briser le cœur toute seule ? Entre temps, j’avais appris qu’il avait déjà tourné la page. Tant mieux ! J’étais jeune alors, j’ai eu un petit copain arabe que j’embrassais la nuit en secret derrière l’épicerie pour ne pas être prise en flag ! Parce que tout le monde savait qui j’étais , à cause de mon oncle. Alors je me disais toujours Ma Vie ! FAIS ATTENTION !  J’ai pensé à une mésaventure qui m’est arrivée un peu plus jeune : un garçon de ma classe avait poignardé son cousin parce que celui-ci voulait sortir avec moi alors que je n’avais que 10 ans ! je ne vous dit pas la rouste que mon beau père m’a donné ce fou ! il m’a fouetté dehors et m’a mise nue avec du piment partout ! c’est à ce moment là que j’avais commencé à le détester. Enfin ce vieux souvenir me hantait, alors je me cachais pour faire des bêtises.

La première année passe avec des difficultés mais je m’en sors bien . Pas de grosses gaffes. Je participais aux journées culturelles , je jouais la comédie, je défilais en tenue de congolaise. Pour vous dire, je me suis même fait siffler par les grands ! Non mais la honte je vous dit pas !  A ce moment là, mon oncle s’est dit qu’il fallait mieux me surveiller car là ça devenait vraiment critique.

Un soir après une journée fatigante en formation, je décide de rentrer à l’appartement , et là, une grosse dispute éclate avec ma tante nono. J’ai touché a ses affaires, elle n’a pas du tout aimé ! Les mots étaient blessants et durs vis à vis de moi. Elle s’en alla rejoindre mon oncle et mon frère qui étaient chez un voisin au premier . Je lui en voulais, j’étais en pleurs , en colère contre eux tous ! Ce n’était pas normal , je n’avais rien demandé !  Pourquoi moi ? j’étais en pleurs, je n’arrêtais pas ,  j’avais le souffle coupé,  les yeux gonflés tellement j’avais pleuré.  Et là mon cerveau s’illumine !!!  J’avais des économies,  soit 18 dirhams , il y avait une gare routière en face de la cité, le consulat était à Rabat dans une autre ville , je vous laisse imaginer ce qui me vient à l’idée à ce moment !  Partir seule sans rien dire .

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