Accueil Non classé Chapitre III : Les malheurs de ma vie (suite)

Chapitre III : Les malheurs de ma vie (suite)

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Ce fameux soir juste avant ma fugue , je ne savais absolument pas ce qui se passait dans ma tête , je ne savais absolument pas quoi faire mais ce qui est sûr c’est que je voulais retrouver ma mère et que le seul endroit ou je pouvais être entendue c’était l’ambassade du Congo Brazzaville qui se trouvait à Rabat soit 87km de Casablanca . Je fis mon sac j’y ai mis mes affaires (en tout cas le peu que j’avais ) je me suis servie sur la nourriture pour le trajet. je n’avais pas de téléphone à l’époque donc pas moyen de me joindre. Je ne pensais même pas à. ça. Tout ce que je voulais c’était partir loin de toutes ces histoires qui me bouffaient la vie au quotidien.

j’ai pris mes malheureux 18 dirhams et je suis partie , il n’y avait personne dans l’appartement. Tous les adultes étaient ailleurs . Je suis sortie en douce , en descendant les escaliers de mon immeuble, je fit attention que personne ne me remarque et une fois en dehors de l’immeuble j’ai foncé à la gare routière juste en face de la cité.  J’ai demandé aux gens autour un bus pour Rabat et on m’a rapidement orienté sur celui qui partait dans les minutes à venir et le ticket 17 dirhams ! ça tombe bien ,  il allait me rester que 1 seul dirham mais peu importe ! j’avais mon ticket en main ! donc je suis montée dans le bus , une fois qu’il a démarré j’ai regardé la cité s’éloigner et mon cœur battait la chamade.  Mille questions se bousculent dans ma tête : comment ils allaient réagir en rentrant à la maison et en se rendant compte que je n’étais plus là ? Que va dire ma mère si ils l’appellent ? Mon frère lui qui n’y était pour rien que va t-il penser de moi ? Mais trop tard ! Le bus était déjà parti et moi avec . Le voyage était long, j’ai maintes  fois essayé de fermer les yeux mais rien ! Je n’arrivais pas à dormir. Trop de choses en tête. Enfin 1h plus tard le bus arriva à la gare routière de Rabat Agdal. Tout le monde descendit et moi toute seule, perdue dans la foule, je ne savais absolument pas où j’allai, mais mon objectif était de me rendre à l’ambassade. Il fallait vraiment y aller et garder cet objectif.

Les gens ne faisaient pas attention à moi  Il y a tellement d’enfants qui sont livrés à eux même dans les rues au Maroc que c’était limite normal pour eux . Je vis un point où tous les taxis étaient stationnés. Je me suis lancée à demander à n’importe lequel si il pouvait m’emmener à l’ambassade du Congo. Au début 3 d’entre eux ont refusé il y en a un qui a fini par accepter en pensant que j’avais les moyens de lui payer sa course. Mouais ! tant pis ! Je n’avais plus un sous donc autant mentir et continuer à le lui faire croire . Nous avons roulé pendant au moins une vingtaine de minutes ,  écumé le quartier des ambassades et là ,  Dieu soit loué ! Elle était là ! Juste en face ! Un grand ouf de soulagement j’ai eu sur le moment . Retournement de situation le taxi me demande de lui payer sa course 30 dirahms , je ne les avais pas alors j’ai sonné comme une malade à la porte et là quelqu’un est venu nous ouvrir. C’était le gardien. Un compatriote qui parlait lingala. Je lui ai expliqué que j’avais fugué et que je voulais absolument que l’on me renvoie au Congo . Je me suis mise à pleurer, il me regarda un instant et me demanda mon âge. Quand je lui ai dit que je n’avais même pas 13 ans il était choqué , il m’a fait la morale en me disant que le Maroc était un pays dangereux , que j’aurais pu me faire violer , voir même kidnapper ! Bref il m’a passé un savon , il a payé le taxi à contre cœur et m’a fait entrer. M’a donné une couette et de quoi manger pour la nuit .

Suivi de son interrogatoire , du pourquoi qui a fait que je suis partie , de qui était mon oncle, de quelle ville je suis venue ? Une fois qu’il avait toutes ces informations, il passa un coup de fil à Casablanca pour dire que j’étais à l’ambassade.  Je ne vous raconte pas le choc lorsque tout le monde se rendit compte que j’étais aussi loin , toute seule. Parce que entre temps, toute la ville m’a cherché , ma tante s’en ai voulu pour la dispute , mon frère d’avoir été distant avec moi malgré mes caprices, mon oncle lui, essayait de rester calme pour ne pas m’en coller une je pense (sourires) . Il avait ma responsabilité. Je me suis barrée comme une voleuse, je n’ai rien dit et toute la ville était vraiment inquiète pour moi.  J’ai passé la nuit dans le hall de l’ambassade et le lendemain matin j’ai eu droit à la même chose que la veille. Une pile de questions à répondre et on m’a dit : ton oncle et ton frère arrivent pour te chercher. Malheureusement on ne peut pas te renvoyer au Congo comme c’est impossible. La déception dans mes yeux, je suis partie pleurer dehors et là j’en voulais encore à la terre entière et je pleurais mon père, dégoûtée qu’il ne soit plus là pour m’aider à sortir de ce cauchemar .

Ce n’est pas grave Ma Vie, me répétais-je.  Prends sur toi. De toute façon maintenant tu n’as plus le choix, tu dois rester au Maroc. Il fallait me l’intégrer dans la tête .  Lorsque mon oncle est arrivé,  je tremblais , je pensais qu’il me collerait une rouste comme mon beau-père mais non. Il m’a pris dans ses bras et après m’a passé un savon. Mais il ne semblait pas si inquiet que ça . Je pense que le fait de m’avoir vu saine et sauve, de voir à quel point je pouvais être débrouillarde cela l’a un peu rassuré enfin ça c’est moi qui le dit. Je lui aurai volontiers posé la questions à ce moment là .

Le retour à Casablanca dans l’après-midi se fit dans un silence de mort. Je fuyais leur regard et sincèrement je n’avais pas honte d’avoir fait ce que j’ai fait , j’avais juste une tête de blasée de retourner à la case départ. Parce que au final, le retour ne se fera pas ,et ça il fallait se rendre à l’evidence .

Arrivée à Casa, ma tante qui était inquiète me regarda genre « j’espère que tu t’es bien amusée » Ils durent ensuite aller en journée culturelle mais d’un autre pays africain. Ce coup ci, mon oncle me dit les yeux dans les yeux : tu as la télé , à manger et à boire alors pas de conneries jusqu’à mon retour ! Je lui fis cette promesse de me tenir tranquille et nous sommes passés à autre chose .

Deux mois se sont écoulés et mon oncle , ma mère et mon frère décidèrent de me louer une chambre dans un appartement, mais dans un autre quartier. Comme je voulais mon indépendance je devais l’avoir et me débrouiller du jour au lendemain. Je me suis retrouvée dans une chambre avec deux colocs dont une le prénom était Cynthia, mais je ne me souviens plus trop de l’autre coloc.

A cette époque là, mon corps se transformait, je devenais une ado , avec le corps d’une jeune femme. ça faisait peur mais j’aimais ma liberté . Tous les dimanches je me suis mise à fréquenter l’église de la maison du salut . J’étais à ma place, je me sentais bien au milieu de tous ces frères et sœurs, j’avais trouvé un équilibre, je priais beaucoup, m’investissait dans l’oeuvre de Dieu au sein de cette église .Puis au fur et à mesure je sentais que la prière me rendait plus sage. Il y a eu ces 3 jours de jeûnes où j’ai parlé en langue spirituelle . C’est sorti tout seul ! Lorsque cela vous arrive vous êtes tout simplement touché par le saint-esprit. C’était beau ,j’en ai encore des frissons parce que ce fut pour moi une expérience unique de connaitre Dieu dans la profondeur  ,c’est une expérience inoubliable.

Le pasteur Gaël qui officiait dans l’église , avait rencontré une femme , Maman Gégé, et ils étaient vraiment amoureux comme pas possible . Maman Gégé habitait la cité Ouled ziane ,au bâtiment D ou H je ne me souviens plus trop, j’étais beaucoup chez eux, je dormais là bas des fois et mon oncle ne disait rien parce qu’il savait que j’étais entre de bonnes mains. Puis ils se sont mariées .Et avant le mariage eut lieu le baptême de tous les fidèles de l’église . Et à ce moment il y a une phrase qui m’a interpellé . On m’a dit: une fois que tu es baptisée, tu ne peux plus revenir en arrière , finies les mauvaises actions , la vie de débauche, les garçons. Et tout ça honnêtement je ne l’ai pas fait. Je ne me suis pas baptisée, je n’ai pas sauté le pas, je ne me sentais pas prête . Je pense que cette décision m’a valu de me sentir exclue de l’église. J’avais comme l’impression de me sentir rejetée parce que je n’avais pas sauté le pas . Il y avait une jeune fille, le même age que moi, Kelly, elle est arrivée après moi dans l’église et j’ai pas compris ,elle a intégré le groupe de chant très rapidement alors que cela était mon vœux le plus cher. Et ensuite elle a été choisie pour être la fille d’honneur de Maman Gégé à son mariage. Je me suis sentie trahie, rejetée. Alors à ce moment là, j’ai commencé à déserter l’église, je traînais au quartier avec ma bande de potes, 6 garçons adorables qui pour la plupart vivaient en colocation avec moi .J’avais arrêté d’aller à l’église parce que je crois que ma foi en avait pris un gros coup. Aujourd’hui je l’écris car si un jour Maman Gégé tu lis cette page, sache que je suis désolée de t’avoir déçue à l’époque. Je n’étais qu’une enfant perdue et jalouse de toute l’attention que vous avez donné à Kelly alors que j’aurai pu y contribuer aussi, mais j’ai préféré me retirer. Je me suis retrouvée comme dans l’histoire Abel et Caïn.

Je me suis mise à fréquenter un garçon qui s’appelait Francky, avec des parents bien placés au pays.  Il vivait dans un appartement qui était dix fois mieux que le mien et oui là, je peux dire que j’étais vraiment amoureuse. Et puis il m’a brisé le cœur ce con. Il sortait avec une amie qui s’appelle Nono et puis elle m’en a voulu parce que à la base c’était son petit ami, mais bon peu importe, elle était passée à autre chose, avait trouvé l’amour et ne m’en voulait plus. Et Franck est revenu vers moi ,des mois après m’avoir larguée comme une veille chaussette. Il s’est même mis à genoux pour que je le reprenne, mais j’ai refusé. Pour moi c’était fini. Lorsque je me sens blessée, si je reviens estime toi heureux parce que lorsque je décide de partir je pars même si tu fais tous les efforts du monde.

Enfin ma deuxième année passa , dure , mais  je commençais à connaitre les rues de Casablanca par cœur, je sortais toute seule, allais en cours seule , au cinéma, je n’avais plus besoin de la permission de qui que ce soit ,vu que je ne vivais ni avec mon oncle , ni avec mon frère. Le fait de m’avoir éloignée de ma tante je pense qu’il a voulu aussi protéger sa relation aussi, mais bizarrement ce sentiment de rejet était là.  La solitude me gagnait  mais les garçons étaient là pour moi ( dony , chardel, ya christoff, carmel, ). Je passais beaucoup de temps avec eux et çà au moins, ça m’aidait à ne pas sombrer. J’étais vraiment à des milliers de kilomètres de penser que l’année qui suivrait serait la dernière au Maroc et qu’ une grosse et énorme surprise m’attendrait à ce moment .

Je n’étais pas préparée , je pensais ne plus jamais la revoir, en tout cas mon frère a gardé le secret et ce fut la surprise qui allait changer encore ma vie . Mon cœur a failli exploser le jour où je l’ai vue en Chair et en os , j’ai pleuré. Je n’en revenais pas qu’elle soie enfin là avec moi, MAMAN.

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Un commentaire

  1. charden Marcus

    29 mai 2019 à 23 h 02 min

    Courage MaVie,
    C’est devenu une longue histoire…Vaut mieux la fin d’une histoire que son commencement. Bizou ya trop!

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