Accueil Non classé Chapitre IV : Le départ approche

Chapitre IV : Le départ approche

0
0
141

 

Retrouvailles avec ma maman

Dans ce chapitre qui me tient vraiment à cœur,  je voudrais rendre hommage à ma mère,  c’est une femme incroyable,  une force de la nature. Lorsqu’elle a rencontré mon père, celui ci était encore un bleu dans la police, et évidemment il avait déjà d’autres enfants.  Je suis la 6ème dans l’ordre de ses 11 enfants. Et pour avoir eu 5 femmes, je pense que mon père trompait ma mère entre temps parce que entre ma sœur et moi j’ai ma demi-sœur au milieu. Je n’ai aucune honte à dire que mon père était volatile , même si,  moi à la place de ma mère je n’aurais pas supporté .

Ma maman avait l’habitude de nous déposer chez mon père une semaine sur deux et elle m’a toujours poussé à me mettre au sport dès mon plus jeune âge . J’ai aimé toucher à tout . Je jouais au football avec les garçons et j’étais gardien de but . Après je me suis mise au Hand ball, je suis devenue capitaine de mon équipe. Elle était fiere de moi, de mon parcours sportif . Je suis après tombée amoureuse de la gymnastique, je me suis entraînée tous les jours pendant au moins six mois mois et ça ma valu à l’époque une très bonne note en sport.

Tous ces exploits, c’est à elle que je le dois, elle  m’a toujours poussé à me dépasser.  Elle nous a élevé tout les 4, seule et avec tellement de courage , de force et de conviction. J’ai pour elle une admiration énorme.

Pendant la guerre, je fus surprise par son sang froid . Comment a t-elle fait pour restee calme et nous rassurer ? En même temps c’est le rôle d’une mère. Elle a fait son maximum pour nous, et tous les jours je remercie le bon Dieu de prendre soin d’elle comme il le fait en ce moment . Elle a beaucoup souffert ma maman , elle a pris soin de mes grands-parents sans l’aide de personne , et a beaucoup aidé son prochain , ses frères et sœurs. Lorsqu’on avait besoin d’elle je répondais toujours présente mais lorsque son tour arriva personne n’était vraiment là pour elle . De mon ressenti à moi , sache une chose Maman, que mon modèle c’est toi ! Et rien aujourd’hui n’a plus de valeur à mes yeux que ton amour et ton respect. Je t’aime pour ce que tu as accompli, parce que tu m’a protégé et m’a inculqué la force. Et grâce à cette force, j’ai toujours gardé la foi , même dans les moments les plus sombres de ma vie .

J’imagine sa peur à chaque fois qu’elle pensait à nous . A son arrivée au Maroc, elle était heureuse de retrouver ses enfants qu’elle n avait pas vu depuis un peu plus de deux ans . Elle retrouvait un fils calme et très respectueux, droit dans ses bottes. Ce qu’elle n’imaginait pas, c’est que moi, son bébé, je serai devenue aussi mature. J’avais grandi dans ma tête, parce que je vous jure que vous avez pas le choix une fois loin de votre famille. Si vous ne mûrissez pas,  vous ne vous en sortez pas .

Comme je le disais, à son arrivée au Maroc, elle s’est installée avec moi dans le quartier de Garage Hallal, là ou je vivais. J’étais comblée de la voir rassurée.  Je ne la quittais plus ! On respirait ensemble la bonne odeur des épices le matin au réveil. J’avais l’impression que tout était revenu comme avant ! Mais  comme vous le savez, j’étais loin de m’imaginer qu’à ce moment là, ma mère planifiait derrière mon dos mon départ pour la France. Mais comme d’habitude, il ne fallait rien me dire. Et ce sera encore un choc pour moi, parce que j’avais pris l’habitude de voyager avec mon frère. Sauf que dans ce cas là j’étais seule avec une inconnue , j’ai profité d’elle, de ses câlins, de son amour, de tout ! Elle m’a tiré les oreilles pour ma fugue, m’a donné des conseils, ainsi que des consignes à mon oncle ainsi qu’à mon frère.

Ma mère a une sœur qui vit en France depuis les événements de la guerre en 1998 .Elle était mariée à un ministre, et celui-ci, avec l’arrivée des Cobras au pouvoir, a dû partir avec sa famille . Ma mère a fait de son mieux pour s’occuper de nous autant qu’elle le pouvait . Elle s’est ruinée pour payer mon voyage et nous envoyer des sous au Maroc . Parce que à cette époque là, il fallait payer le loyer le transport , l’argent de poche il en fallait ! C’était constamment ça ! Il fallait sortir de l’argent pour tout. N’ayant plus mon père pour subvenir à nos besoins financiers, ma mère faisait vraiment tout son possible avec ce qu’elle avait et on n’avait pas de quoi se plaindre.

Pendant son séjour au Maroc nous avons fait les magasins , nous lui avons fait visiter des endroits remplis d’histoire de Casablanca, comme la mosquée Hassan II construite sur l’eau, d’une beauté à couper le souffle . Après une longue balade sur la corniche un soir , nos liens étaient plus forts que jamais. C’est en rentrant ce soir là que ma mère me fit part de son souhait de me voir quitter le Maroc. Trop dangereux pour moi, car oui, en dehors de mon diplôme de BTS que j’ai passé en informatique de gestion niveau bac je n’avais pas d’autres diplômes , je ne faisais rien de mes journées et je ne pouvais pas continuer à vivre au milieu de tous ces adultes sans but précis, sans savoir exactement ce qu’allait devenir ma vie. Mon avenir la préoccupait .

Elle fit alors ce qu’elle devait faire :  planifier mon départ du Maroc avec pour seul confident mon oncle. Mon frère était au courant de certains détails mais pas de tous . Elle est entrée en contact avec ma tante qui vit a Bordeaux , sa petite sœur Patricia . tout était réglé. Il fallait juste garder ça secret sans que je n’en sache un mot . J’ai continué à vivre normalement, mais en mieux ! Parce que ma mère était avec moi . J’avais réussi à obtenir des petits boulots comme hôtesse d’accueil pour des événements de mode, je me faisais un peu d’argent de poche , et je fis aussi la connaissance d’un photographe  Alain de son nom, ce monsieur étais doué dans son métier de photographe , il avait un studio sur une grande avenue où se situait mon centre de formation dans lequel j’ai appris le secrétariat et la bureautique pendant 3 mois. Bref , ce monsieur faisait des photos en tout genre. Beaucoup de portraits, et de photos d’identité. Je me faisais tirer le portrait chez lui, et les photos étaient juste à tomber par terre. Dommage qu’à ce moment là, je n’avais pas conscience du potentiel que je dégageais. En même temps, vous me direz c’est normal à cet âge là. On n’est pas vraiment conscient de son potentiel sauf si vous êtes bien entourée et que l’on vous le rappelle assez souvent. Ce qui n’était pas mon cas . Un soir d’été, nous étions tous chez mon oncle , il faisait chaud ,nous mangions un poulet fris qu’ils venaient d’acheter à la gare routière en face. Une ambiance familiale , conviviale, très chaleureuse régnait dans cet appartement . Le temps était venu de se remémorer les bons moments de notre arrivée , de mes bêtises , du fait que j’étais une enfant très en colère avec un vécu assez lourd pour mon âge . C’était sûr, il me fallait grandir dans un environnement sain , et surtout stable  .

Le lendemain, au quartier du Maarriff, un quartier très animé de Casablanca où l’on trouvait des grands magasins , grands couturiers et des grandes marques de cosmétiques, elle m’a acheté une petite valise qui servirait à mon voyage pour la France. Les choses se concrétisaient petit à petit. J’ai de vagues souvenirs de ces moments là. Je suis dans l’incapacité de vous dire si ma mère m’a accompagné à l’aéroport ce jour là, mais dans mes souvenirs mon frère et mon oncle étaient là avec moi.

Les jours défilaient et mon voyage se rapprochait vite. Je n’ai pas eu le temps de dire au revoir a tout le monde ! C’était tellement rapide ! Et bien sûr fait à la derrière minute , qu’il fallu s’adapter à la situation . Le choix , je peux vous dire qu’à ce moment on ne l’a pas. Ma mère avait un ami (sois disant) qui travaillait pour l’ambassade du Congo Démocratique, et celui-ci avait un passeport diplomatique !  Donc il était apte à me faire sortir du pays sans forcément subir un interrogatoire de la douane ou qui que ce soit. C’était carré , sans virgules évidemment. La seule personne qui ne connaissait pas le plan de départ c’était MOI.

Ma mère me dit au revoir et pria pour moi pour que rien ne puisse m’arriver. Il lui fallait encore faire confiance à quelqu’un pour m’amener saine et sauve chez ma tante .

Dans le prochain paragraphe vous allez faire le voyage avec moi ! Les escales en Italie, puis en Espagne à Madrid .Plein de rebondissements, de coups tordus, et surtout le sang froid que j’ai dû garder, car du haut de mes 13 ans bientôt 14 ans, j’étais loin de me douter de ce qui m’attendait de l’autre coté de la Méditerranée .Mais j’étais prête .

Charger d'autres articles liés
Charger d'autres écrits par diaryofmylife
Charger d'autres écrits dans Non classé

Laisser un commentaire

Consulter aussi

Chapitre VII: Les 7 péchés Capitaux de ma jeunesse

I- L’ORGUEIL Dans ce chapitre je vous demanderai de garder l’esprit ouvert , de ne  …